Confédération des États du Sahel : à Niamey, la coordination nationale entre dans une phase décisive
Au terme d’une mission de travail de 48 heures à Niamey, Bassolma Bazié, président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (AES) du Burkina Faso, a livré une lecture stratégique de l’état d’avancement du projet confédéral. Son déplacement s’inscrit dans une dynamique de consolidation institutionnelle visant à renforcer la cohérence et l’efficacité des mécanismes nationaux chargés de la mise en œuvre des décisions prises au plus haut niveau par les chefs d’État de l’espace AES.
De l’Alliance à la Confédération : une architecture politique en construction
La démarche engagée à Niamey prend racine dans le processus enclenché en septembre 2023 à Bamako avec la création de l’Alliance des États du Sahel, puis formalisé en juillet 2024 par l’adoption du traité instituant la Confédération lors du sommet des chefs d’État à Niamey. Ce traité prévoit explicitement la mise en place, dans chaque pays membre, de commissions nationales chargées d’assurer le suivi opérationnel des décisions confédérales et de traduire la feuille de route commune en actions concrètes.
Un premier cycle évalué, un second à engager
La première année de mise en œuvre de la feuille de route confédérale, pilotée sous la coordination de Assimi Goïta, a fait l’objet d’une évaluation approfondie en décembre 2025 à Bamako. Ce bilan a permis d’identifier des acquis tangibles, des chantiers en cours nécessitant un approfondissement, mais aussi des projets structurants encore à lancer, notamment ceux à fort impact socio-économique pour les populations.
Dans la continuité de cette évaluation, l’année 2 du mandat confédéral a été confiée au Ibrahim Traoré. C’est dans ce contexte que la mission conduite par Bassolma Bazié au Niger prend tout son sens : il s’agit de renforcer la concertation entre commissions nationales afin d’ajuster les priorités, mutualiser les énergies et garantir une exécution harmonisée des orientations arrêtées par les chefs d’État.
Niamey, un nœud stratégique de la coordination confédérale
Les échanges tenus à Niamey avec les autorités nigériennes et le comité national chargé de l’opérationnalisation de l’AES ont permis d’affiner la compréhension partagée des défis à relever. Au cœur des discussions : la nécessité de passer d’une phase de structuration institutionnelle à une phase d’impact visible, où les projets confédéraux améliorent concrètement les conditions de vie des populations sahéliennes.
En filigrane, la mission met en lumière un enjeu central de la Confédération des États du Sahel : transformer une ambition politique commune en politiques publiques coordonnées, efficaces et mesurables. À l’heure où l’AES entre dans une nouvelle séquence de son développement, le renforcement des liens entre commissions nationales apparaît comme un levier déterminant pour assurer la crédibilité et la durabilité du projet confédéral.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)