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La ville de Niamey dans le collimateur des Niameyens : L’enfer des sabots de N-TRANS fait grincer des dents

la ville de niamey dans le collimateur des niameyens lenfer des sabots de n trans fait grincer des dentsLes responsables de la ville de Niamey ont été sans doute mal inspirés dans ce projet de sabots qui fait jaser. L’expérience est amère pour les habitants de la capitale qui ne savent plus où garer, tant les franchises qui leur sont offertes n’existent pratiquement pas. C’est une véritable psychose qui s’est emparée de la ville dès les toutes premières expériences. Des véhicules garés sur le trottoir, à la devanture d’une maison, tout y passe. Les employés de la ville commis à cette tâche pour le plus grand bonheur des propriétaires de N-TRANS ne font pas dans la dentelle. Ils posent leurs fers suivant des règles qui ne sont comprises que d’eux seuls. Tout le monde se plaint et des voix, de plus en plus nombreuses, s’élèvent pour demander aux autorités de tutelle d’arrêter cette dérive autoritariste. Dans un post publié hier sur Facebook, Issoufou Boubacar Kado a écrit que la mairie « au lieu d’utiliser les services publics compétents de la mairie créés à cet effet, a fait appel à une société privée qui utilise les moyens de la même mairie sous prétexte de désengorger les rues de Niamey ». Un constat amer qui rappelle dans l’esprit des Niameyens la grande arnaque de Haroun Printing pour la confection du permis biométrique.

Où garer sa voiture, une fois en ville, s’interroge Abdou Rafa, le président de l’Association des supporteurs nigériens ? La question vaut un pesant d’or. Sur les accotements ? Sur les pavés ? Sur les bords de la route ? Les Niameyens ne savent plus où mettre la tête et la colère monte, perceptible. Sur les réseaux circule une quittance de paiement de l’infraction imaginée par les autorités de la ville de Niamey pour se remplir les caisses. On y voit un montant total de 75 000 FCFA décomposés ainsi qu’il suit : 10 000 FCFA pour l’immobilisation matérielle (pose sabot) ; 20 000 FCFA pour l’opération préalable ( ?) ; 30 000 FCFA pour l’enlèvement ; 15 000 FCFA pour la garde journalière. Un salaire ! Et pas n’importe lequel dans un pays où le Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) ne dépasse guère 42 000 FCFA.

Le contrat en question est une arnaque, pas plus. La ville de Niamey travaille pour enrichir N-TRANS ou ses promoteurs
Avec les moyens, les ressources et le cachet institutionnel de la ville de Niamey, c’est curieusement N-TRANS qui se taille la part du lion. Rémunérée sur les recettes de l’exploitation du service public, la société de Moussa Touré Souleymane s’octroie 75% des frais de l’enlèvement du véhicule, des frais de la garde du véhicule en fourrière pour laisser des miettes (25%) à la ville de Niamey. C’est même la même clé de partage des recettes qui prévaut en cas d’aliénation du véhicule. Bref, la ville de Niamey travaille pour enrichir N-TRANS ou ses promoteurs. Pour se prémunir contre toute surprise désagréable de mise en concurrence de N-TRANS, les propriétaires encagoulés ou parrains de la société ont pris des dispositions draconiennes. L’article 12 du contrat est intitulé « Clause de non-concurrence ». C’est le bunker derrière lequel s’abrite N-TRANS. Il stipule que « en considération du coût de l’investissement fait par la société N-TRANS, la ville de Niamey s’engage à ne pas faire concurrence et à ne pas mettre en concurrence la société N-TRANS, ni directement ni indirectement avec quelque firme ou entité que ce soit, substantiellement engagée dans une activité similaire ou concurrente de celle de la société N-TRANS ».

Qui est ce Moussa Touré Souleymane, gérant de N-TRANS, la société élue de la ville de Niamey pour cette arnaque à la Haroun Printing ?
La sentence des Niameyens est sans appel : N-TRANS est une autre arnaque. On veut se faire de l’argent sur le dos des citoyens et aussi vite que possible. Avec la couverture de la ville, les moyens et les ressources de la ville, N-TRANS peut dormir tranquille et se frotter les mains. Elle n’a qu’à se courber pour ramasser de l’argent qui se fait rare, très rare dans la vie des Nigériens. Qui sont les actionnaires de N TRANS et comment ont-ils obtenu ce contrat ? Dans un post publié sur Facebook et intitulé « N-TRANS : Le jackpot de l’enlèvement, ou comment prospérer sur le dos des automobilistes à Niamey », Ali Idrissa, leader de la société civile et membre du Conseil consultatif, met les pieds dans le plat. « L’attribution de ce contrat à N-TRANS soulève de graves interrogations. Aucune trace d’un appel d’offres public ou de respect des procédures élémentaires de passation de marché n’a été trouvée, alimentant les soupçons de favoritisme ». Ali Idrissa ne s’arrête pas en si bon chemin, révélant que « l’opacité entourant ce contrat, combinée à la proximité apparente de N-TRANS avec les autorités municipales, qui mettent à disposition la police municipale, renforce l’idée d’un arrangement privilégié. Cette couverture des autorités semble garantir à N-TRANS un succès quasi institutionnalisé, sans transparence ni concurrence ». L’acteur de la société civile Ali Idrissa lève un coin du voile noir qui entoure l’identité du premier responsable de la société qui hante les Niameyens. « Le gérant est par ailleurs mentionné dans une affaire judiciaire antérieure (ordonnance n°59 du 13/06/2022, opposant MKN SARL à Orabank Niger), ce qui soulève des doutes sur sa crédibilité et la fiabilité de l’entreprise. Ce passif judiciaire, associé à l’absence de garanties solides, questionne la légitimité de confier une mission aussi sensible à une entité aussi récente et peu éprouvée ». Si les Niameyens savent désormais à qui ils ont affaire, cela n’est cependant point suffisant pour faire reculer les autorités de la ville de Niamey. Les cas sont légion depuis 2011 où l’alerte citoyenne n’a pas suffi à mettre un terme à une affaire visiblement scabreuse. Ce qui, évidemment, renforce la culture de la corruption et des passe-droits.

Laboukoye (Le Courrier)