Le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine à l’ENA : former des cadres compétents pour servir le Niger
La visite effectuée mercredi 4 février par le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine dans plusieurs établissements d’enseignement de Niamey s’inscrit dans une séquence politique claire : replacer la formation des cadres, l’exigence d’intégrité et la performance institutionnelle au centre du projet de refondation nationale. À travers son passage à l’École nationale d’administration (ENA) et sur le chantier de l’Université privée Swiss-UMEF, le chef du gouvernement a adressé un message structurant à l’ensemble de la communauté éducative et administrative.
L’ENA, pilier stratégique de l’État en mutation
Première étape de cette tournée, l’École nationale d'administration (ENA) occupe une place singulière dans l’architecture institutionnelle nigérienne. Institution de référence depuis plusieurs décennies, elle forme les hauts cadres de l’administration centrale et territoriale, ainsi que des fonctionnaires issus de pays partenaires. Aujourd’hui, près de 1 100 apprenants y sont inscrits, dont plus de 150 de nationalité étrangère, confirmant son rayonnement régional et international.
À la tête de l’établissement, Salmey Bebert a profité de la visite du Premier ministre pour annoncer le lancement d’un audit organisationnel approfondi. L’objectif affiché est clair : adapter l’offre pédagogique et le fonctionnement interne de l’ENA aux mutations contemporaines de l’action publique, marquées par les crises sécuritaires, les transitions écologiques, l’intégration régionale au sein de l’AES et les attentes accrues des citoyens en matière de proximité et d’efficacité de l’État. Cette démarche vise à préserver l’excellence historique de l’institution tout en la projetant vers les exigences opérationnelles d’un monde en rupture.
Un retour aux sources porteur de sens politique
Issu de la promotion 1987 de l’ENA, le Premier ministre n’a pas caché l’émotion suscitée par ce retour dans une école qui a façonné son parcours. Ancien étudiant puis vacataire, il a rappelé la rigueur extrême qui caractérisait la formation à son époque, soulignant le contraste avec l’ouverture actuelle de l’établissement, désormais accessible à un plus grand nombre de Nigériens et d’étudiants étrangers.
Au-delà du témoignage personnel, le message adressé aux apprenants est résolument politique. En présence du ministre de l’Enseignement supérieur, Pr Saidou Mamadou et de celui en charge de l’Enseignement et de la Formation techniques et professionnels, Pr Farmo Moumouni, le chef du gouvernement a réaffirmé que l’État suivra de très près la formation dispensée à l’ENA. L’enjeu est stratégique : former des cadres immédiatement opérationnels, capables de servir la République avec compétence, patriotisme et, surtout, intégrité. Dans un contexte de refondation institutionnelle et d’affirmation de la souveraineté nationale, l’éthique publique apparaît comme un socle non négociable.
Former pour servir : une doctrine gouvernementale assumée
Le discours du Premier ministre a également mis en perspective l’appartenance du Niger à un ensemble régional plus large, où la maîtrise du destin collectif et la valorisation des potentialités économiques nationales constituent des priorités. À ce titre, le soutien affiché à l’audit organisationnel de l’ENA traduit la volonté de l’exécutif de renforcer l’encadrement, la qualité de la gouvernance académique et l’adéquation entre formation et besoins réels de l’État.
L’ancrage institutionnel de l’ENA à la Primature, rappelé par Ali Mahaman Lamine Zeine, confère à cette démarche une portée concrète : le chef du gouvernement se positionne comme un allié direct de l’institution, déterminé à mobiliser les moyens nécessaires pour garantir des études de haut niveau, à la hauteur des responsabilités futures des diplômés.
L’initiative privée comme levier complémentaire
Dans la continuité de cette tournée, le Premier ministre s’est rendu sur le chantier de l’Université privée Swiss-UMEF, saluant une initiative qui vient compléter les efforts publics en matière de formation. Pour l’exécutif, toute action visant à élargir l’accès à l’enseignement supérieur et à former le maximum de Nigériens mérite un accompagnement attentif, dès lors qu’elle répond aux standards de qualité attendus.
En valorisant ce projet privé, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a rappelé que le développement du capital humain repose sur la mobilisation de toutes les énergies, publiques comme privées. La formation apparaît ainsi comme un investissement stratégique, condition essentielle de la transformation économique, sociale et institutionnelle du pays.
Enseignement et refondation : un choix de long terme
Au-delà des visites protocolaires, cette sortie du Premier ministre illustre la centralité de l’éducation et de la formation dans la vision des autorités de la refondation. Former des cadres compétents, intègres et conscients de leur responsabilité historique constitue l’un des leviers majeurs pour bâtir un Niger nouveau, capable de répondre aux défis contemporains et de prendre pleinement en main son avenir.
Dans cette perspective, l’ENA et les initiatives universitaires, publiques ou privées, ne sont pas de simples structures académiques : elles deviennent des instruments clés de la souveraineté administrative, de la performance de l’État et de la crédibilité institutionnelle du Niger sur la scène régionale et internationale.
Boubacar Guédé (Nigerdiaspora)