Salkadamna : le Niger relance un projet charbonnier géant au nom de la souveraineté énergétique

Le Conseil des ministres du 22 avril 2026 a adopté un projet de décret portant attribution à la société WANDA GROUP SA d’un permis pour grande exploitation minière de charbon dénommé Salkadamna, situé dans les communes rurales de Takanamat et de Tebaram, dans la région de Tahoua. Par cette décision, le Niger positionne un projet stratégique majeur destiné à renforcer durablement sa souveraineté énergétique.
Selon le communiqué officiel, les travaux additifs de sondages et d’analyses des échantillons ont mis en évidence un gisement de charbon dont les réserves sont estimées à environ 150 millions de tonnes de charbon minéral. L’investissement prévu dans le cadre de ce permis est estimé à 1,75 milliard de dollars américains, ce qui place Salkadamna parmi les projets extractifs et énergétiques les plus importants du pays.
Les retombées attendues sont significatives. Le projet prévoit une redevance moyenne annuelle, la création de plusieurs emplois directs au profit des jeunes Nigériens, ainsi que des avantages pour les entreprises nationales dans le cadre de la législation relative au contenu local. Il s’inscrit ainsi dans une dynamique de valorisation des ressources nationales au service de l’économie du pays.
Au-delà de sa dimension minière, le projet de Salkadamna répond à un enjeu central : la production d’énergie électrique. Le gouvernement en fait un levier structurant pour renforcer les capacités énergétiques nationales, soutenir le développement industriel et réduire la vulnérabilité du Niger dans un secteur stratégique.
Salkadamna occupe à cet égard une place particulière. Il traduit la volonté des autorités de faire des ressources minières un instrument de transformation économique, de création de valeur et d’affirmation de l’indépendance nationale. Le charbon n’est pas envisagé comme une simple matière première d’extraction, mais comme une ressource stratégique destinée à soutenir la production électrique et à consolider les bases d’une économie plus souveraine.
Le projet s’inscrit également dans une logique de structuration industrielle plus large. À travers l’exploitation de ce gisement, le Niger entend mieux articuler ressources naturelles, production énergétique, contenu local et développement national. Cette orientation consacre une approche intégrée de la politique minière, directement liée aux objectifs de souveraineté économique et de maîtrise des secteurs stratégiques.
Le communiqué officiel précise que la mise en œuvre de ce projet permettra de produire d’importantes quantités d’énergie électrique et contribuera à assurer la souveraineté énergétique du Niger, avec des possibilités d’exportation. Cette ambition confère à Salkadamna une portée nationale, bien au-delà du cadre régional de Tahoua.
Par cette décision, le Conseil des ministres affirme la volonté du Niger de s’appuyer sur ses propres ressources pour accélérer sa transformation économique. Le projet de Salkadamna s’inscrit ainsi comme un pilier de la stratégie nationale visant à consolider l’autonomie énergétique, à stimuler l’emploi et à renforcer la valorisation des richesses minières du pays.
Boubé G (Nigerdiaspora)

