Sécurité urbaine à Niamey : l’incendie du marché Bonkaney met en cause le stockage anarchique du gaz
Un violent incendie survenu vendredi 16 janvier 2026 au marché Bonkaney, dans l’arrondissement communal Niamey III, a mis en lumière les vulnérabilités persistantes de la capitale nigérienne face au stockage anarchique de produits hautement inflammables. Déclenché en milieu de matinée dans un dépôt de gaz à usage domestique, le sinistre a provoqué une série d’explosions, semant la panique et occasionnant d’importants dégâts matériels dans le quartier Banifandou. Le bilan humain est toutefois resté nul, un soulagement au regard de la densité du site et de la nature du produit en cause.
Une intervention rapide, un scénario catastrophe évité
L’alerte a entraîné une mobilisation immédiate des sapeurs-pompiers, dont près d’une centaine d’éléments ont été déployés. Leur intervention coordonnée a permis de contenir l’incendie en moins d’une heure, évitant une propagation à grande échelle vers les étals, les habitations et les véhicules à proximité. Les projections de débris et les départs de feu secondaires attestent néanmoins de la gravité du risque encouru et de la fragilité des dispositifs de sécurité dans les marchés urbains.
Les autorités sur le terrain, la réglementation au cœur du débat
Très rapidement, les autorités se sont rendues sur place pour apprécier l’ampleur des dégâts. M. Abdoulaye Seydou, Ministre du Commerce et de l’Industrie, était aux côtés du Assoumane Abdou Harouna, Gouverneur de la région de Niamey, et de Boubacar Soumana Garanké, Administrateur délégué de la ville de Niamey.
Au-delà du constat, le message a été clair : l’application stricte des textes encadrant la vente, le stockage et la commercialisation du gaz domestique doit devenir la règle, sans tolérance ni complaisance.
Le ministre a rappelé que des instructions fermes avaient déjà été transmises aux autorités administratives et aux directions régionales du commerce pour renforcer les contrôles, soulignant l’impératif de prévention et de travail en synergie entre services techniques, protection civile et forces de sécurité. Les pratiques illicites, motivées par des gains rapides au mépris des normes, ont été explicitement dénoncées.
Dépôts sauvages et incivisme : un risque récurrent
Qualifiant l’incident d’acte d’incivisme, le gouverneur de la région de Niamey a insisté sur la nature non conforme du dépôt à l’origine du sinistre. Il a rappelé que des événements récents — notamment l’incendie du marché Katako lié à des branchements anarchiques — illustrent une récurrence inquiétante des risques évitables. L’anticipation, a-t-il martelé, passe par le respect des textes et par des contrôles techniques renforcés, seuls garants d’une sécurité durable en milieu urbain dense.
Une alerte pour la capitale
L’incendie du marché Bonkaney agit comme un signal d’alarme pour Niamey. Il met en évidence la nécessité d’une régulation effective, d’un maillage de contrôles réguliers et d’une sensibilisation accrue des commerçants et des populations aux dangers du stockage anarchique de produits inflammables.
Cet épisode rappelle que la sécurité urbaine ne se limite pas à l’intervention d’urgence : elle se construit en amont, par la loi, le contrôle et la responsabilité collective, afin que Niamey la capitale n’ait plus à frôler l’irréparable.
Boubé G. (Nigerdiaspora)